Carnaval d'articles - Mémoires d'un Spéculateur

Carnaval d’articles – Mémoires d’un Spéculateur

Mémoires d'un spéculateur
  • Titre original: Reminiscences of a stock operator
  • Auteur: Edwin Lefevre
  • Kindle Edition: 286 pages
  • Editeur: Wiley; 1 edition (November 30, 1922)
  • Langue: Anglais

Note: Cet article fait partie d’un carnaval d’articles organisé par Caroline du blog Psychotrade. Vous pouvez trouver à la fin de l’article tous les autres blogs qui ont participé à l’événement. Le thème commun est le suivant: “Traders célèbres, ce que leur expérience nous apprend”. Bonne lecture et surtout, je vous encourage à aller lire les articles des autres blogs participants!

Description de produit

Mémoires d’un Spéculateur, publié pour la première fois en 1923 par Forbes, est la biographie romancée de Jesse Livermore, un des plus grands spéculateurs de tous les temps. Ce livre reste le livre sur l’investissement le plus lu et le plus recommandé jamais écrit. Des générations d’investisseurs trouvent qu’il leur a plus enseigné sur eux-mêmes et sur d’autres investisseurs que des années d’expérience sur les marchés. C’est une histoire intemporelle qui va enrichir les vies et les portfolios des investisseurs d’aujourd’hui autant que les générations par le passé.

Résumé

Chapitre 1

J’ai commencé à travailler avant même d’avoir quatorze ans. J’avais un travail pour tenir les cotations chez un courtier en actions. J’étais doué avec les nombres et avais une bonne mémoire. Je remarquais qu’à la hausse ou à la baisse, les cours montraient une certaine habitude.

Quand j’avais quatorze ans, j’avais déjà noté des centaines d’observations en testant leur précisions et en comparant le comportement d’actions d’un jour à l’autre. Il n’y a jamais rien de nouveau à Wall Street, car en fait la spéculation est vieille comme le monde.

Après mon premier trade où je venais de gagner $3,12, j’ai commencé à trader pour mon propre compte dans des “bucket shops” (pseudo courtier qui peut s’assimiler de nos jours à un bookmaker). J’y allais pendant la pause du déjeuner, et j’achetais ou vendais, peu importe. Je jouais un système, et non pas une action préférée ou en suivant des opinions.

Assez rapidement, je gagnais plus d’argent avec les bucket shops qu’avec mon travail chez le courtier. Alors j’ai quitté mon job. J’avais quinze ans quand j’ai eu mon premier millier de dollars. Et très vite, les bucket shops ne supportaient plus que je les batte sans arrêt. Bien sûr, j’avais des hauts et des bas, mais au final, j’étais gagnant.

Et à l’âge de vingt ans, j’avais accumulé $10,000 en liquide.

Chapitre 2

Je voulais me rapprocher de la source d’argent et c’est pourquoi à l’âge de 21 ans je suis venu m’installer à New York avec mes $2,500 qu’il me restait. J’avais perdu pas mal d’argent car je n’arrivais pas à m’en tenir à ma stratégie et je tradais trop et trop souvent. Personne ne peut avoir tout le temps des raisons valables pour acheter ou vendre des actions, ou bien d’avoir les connaissances nécessaires pour jouer de manière intelligente.

A chaque fois que j’observais le cours avec mon expérience, je gagnais de l’argent. Mais à chaque fois que je pariais bêtement, alors j’étais obligé de perdre. Et au bout de six mois, j’étais ruiné. Au final, je ne connaissais qu’une partie du jeu de la spéculation. Mon système fonctionnait très bien à certains moments et à d’autres, tout à coup, plus rien de marchait. J’avais seulement vingt-deux ans.

Trader dans les bucket shops de la vieille école avait des avantages par rapport à la spéculation chez un courtier respectable. D’abord la fermeture automatique des trades quand la marge atteignait zéro était le meilleur stop loss et évitait de perdre plus que ce qu’on avait. Aussi, il n’y avait pas de danger d’avoir des exécutions médiocres.

Si tous les bucket shops ne m’avaient pas rejeter je n’aurais jamais arrêté de trader avec eux. Et je n’aurais jamais appris qu’il y a bien plus au jeu de la spéculation que de jouer les fluctuations de quelques points.

Chapitre 3

J’ai toujours besoin de confirmer mes opinions avec mon argent. En perdant de l’argent, ça m’a permis d’éviter l’indécision, d’acquérir beaucoup d’expérience et de lister énormément de choses à ne pas faire. J’ai perdu ma fortune plusieurs fois, mais ai toujours su que je ne referai pas deux fois la même erreur. Je crois en moi mais pas aux conseils sur des trades spécifiques.

La spéculation est une activité difficile et éprouvante. J’ai commencé dans les bucket shops pensant que je savais tout et pouvais battre tout le monde alors qu’en fait je ne battais que le bookmaker. Mon ignorance était colossale et il m’a fallu de nombreuses années pour apprendre à anticiper les grands mouvements plutôt que les petites variations sur un cours.

Chapitre 4

Je n’ai jamais essayé de gagner 100% du temps, mais plutôt de m’assurer que ma balance était positives après mes succès et mes pertes. Il arrivait que mes plans soient mauvais et que mes trades aillent dans le mauvais sens, mais ces trades ne me faisaient pas vraiment mal car j’avais un tout petit budget.

Il m’arrivait de me faire arnaquer par les bookmakers sur des lignes de taille moyenne quand je n’étais pas suffisamment vigilant. J’étais donc obligé de me venger de temps en temps en faisant croire que j’avais des tuyaux solides ou en protégeant mes paris avec plusieurs bookmakers. C’était un jeu de bonne guerre et les coups bas étaient assez fréquents.

J’avais déjà tenté deux fois d’aller m’installer à Wall Street. A vingt ans, j’avais gagné mes premiers dix mille dollars pour les perdre tout de suite après car j’étais régulièrement à contre tendance ou ne suivait pas de système. A vingt-deux ans, j’étais monté jusqu’à cinquante mille dollars que j’ai tout perdu à cause d’énormes mouvements en une journée.

Rien ne vaut le fait de tout perdre pour apprendre ce qu’il ne faut pas faire. Et quand on sait ce qu’il ne faut pas faire pour tout perdre, alors on commence à comprendre ce qu’il faut faire pour gagner, et à apprendre.

Chapitre 5

La spéculation est beaucoup plus qu’un simple ensemble de règles ou juste des maths. Un facteur très important est le comportement de l’action. Si l’action ne se comporte pas correctement alors il ne faut pas y toucher. Si on n’est pas en mesure de déceler ce qui ne va pas, alors on ne peut pas savoir dans quelle direction elle va évoluer.

Les graphiques aident ceux qui arrivent à assimiler ce qu’ils lisent. Malheureusement, beaucoup de traders deviennent obsédés par les moindres mouvements et finissent par tout perdre.

Pour ma troisième tentative à New York, je tradais activement en sachant que je pourrais opérer sur des lignes beaucoup plus conséquentes. Mon problème était de ne pas réellement faire la différence entre la spéculation et les paris. Mais grâce à mes sept années d’expérience, mon capital grossissait lentement et surement. Je gagnais et perdais comme avant, mais ma balance était positive.

Le premier changement que j’ai effectué a été d’anticiper les mouvements plutôt que d’attendre un gain certain. Je suis donc passé de paris sur des fluctuations à anticiper des hausses et des baisses inévitables.

J’ai donc commencé à m’intéresser aux rapports financiers, aux statistiques financières et commerciales. J’aimais toujours autant les gros trades, mais aussi étudier les mouvements. Quand je pense avoir trouvé une solution, je dois la vérifier avec mon argent.

J’ai fait d’énormes progrès quand j’ai compris que les fortunes ne se faisaient pas avec des fluctuations individuelles mais bien avec les mouvements majeurs. Donc pas en lisant les cours, mais bien en évaluant le marché entier et sa tendance.

J’ai gagné beaucoup d’argent non pas grâce à mes réflexions mais toujours en tenant bon. Ceux qui ont raison et peuvent tenir bon sont rares.

Ignorer les grandes tendances et essayer d’entrer et sortir sans arrêt m’était fatal. Personne ne peut capturer toutes les fluctuations. Dans un marché bull, le but du jeu est d’acheter et de garder jusqu’à ce qu’on pense que le marché bull se termine. Pour cela il faut étudier les conditions générales et pas les conseils ou les facteurs affectant des actions individuelles. Et ensuite, il faut fermer toutes ses positions.

A chaque fois que je faisais une erreur, je la rajouter à ma liste de choses à ne pas faire.

Chapitre 6

S’il existe des fondations solides pour un marché bull par exemple, certaines nouvelles n’ont aucun effet si le reste du monde est baissier. Tout est question de sentiment général à un instant donné.

A cette période, j’ai commencé à penser aux conditions basiques plutôt qu’aux actions individuelles. Et j’ai pris confiance en moi, ce qui est une étape difficile.

Chapitre 7

Les gens ont du mal à saisir les aspects fondamentaux du trading. J’ai souvent dit qu’acheter dans un marché haussier est la méthode la plus confortable pour acheter des actions. Quand je suis baissier et que je vends une action, chaque vente doit être à un niveau inférieur à la précédente. Quand j’achète, l’inverse est vrai. Je dois acheter sur une hausse et pas sur une baisse.

Je ne veux jamais acheter des actions vraiment pas chères ou trop facilement.

Pour trouver le bon timing, il suffit d’observer et de tester. C’est pas difficile de déterminer ce que le marché peut prendre quand on lui donne. Mais pour démarrer un mouvement, il est risqué de prendre la totalité de ses positions à moins d’être absolument sûr que les conditions sont parfaites. Le cours n’est jamais trop haut pour commencer à acheter ou trop bas pour commencer à vendre.

Apres la transaction initiale, il faut attendre et observer un profit avant d’en démarrer une autre. La notion de bon timing est difficile à appréhender.

Chapitre 8

Je n’ai pas de préférence pour les marchés haussiers ou baissiers. Ce que je ne supporte pas en revanche c’est d’avoir tort.

Maintenant avec les ressources adéquates, l’expérience et la confiance, j’étais tellement impatient de tester tout cela que j’avais oublié un élément important… le temps!

Même si on est baissier au tout début d’un marché baissier, il est préférable de ne pas vendre de grandes quantités tout de suite pour éviter les contre-feux et les retournements soudains.

Avec toutes mes précédentes erreurs, je décidais de sécuriser tous mes gros gains pour me prouver que j’avais eu raison. Les retournements m’avaient déjà balayé, je ne voulais pas que ça se reproduise.

Chapitre 9

J’avais une vieille théorie de trading qui disait que si un cours franchit les 100, 200 ou 300 pour la première fois, alors le cours ne s’arrêtera pas là et continuera à grimper encore beaucoup plus.

La meilleure façon de gagner de l’argent est d’avoir raison, et au bon moment. Pour cela, il faut connaitre la théorie, mais aussi la pratique.

Ma plus grande découverte était qu’on doit étudier les conditions générales pour les évaluer afin de pouvoir anticiper les probabilités. Il fallait donc que je travaille pour mon argent en étudiant beaucoup et en réfléchissant clairement.

A cette période je travaillais pour Harding Brothers et on faisait beaucoup d’argent. Mes propres opérations étaient de belles réussites, et les gens ont donc commencé à parler de moi, en exagérant beaucoup évidemment. Ils étaient plus intéressés par les rumeurs que par la réalité de mon travail ardu. Personne ne se souciait que j’avais correctement anticipé la chute des marchés le 24 octobre 1907. Le choc a été très violent pour beaucoup.

Ce jour là, mes gains ont dépassé un million de dollars. J’avais la volonté depuis des années d’y arriver, et enfin le désir se concrétisa et cela signifiait le pouvoir. J’étais non seulement riche, mais surtout j’avais appris ce qu’il fallait faire pour le devenir. J’avais définitivement quitté la catégorie des parieurs. J’avais enfin appris à trader intelligemment en bourse.

Chapitre 10

La reconnaissance de nos erreurs ne devraient pas nous bénéficier plus que l’étude de nos réussites. Mais il y a un tendance naturelle pour tous d’éviter les punitions. Et voici, comment j’ai perdu mon premier million de dollars.

J’ai toujours tradé aussi bien des matières premières que des actions. Mais je préfère les matières premières car elles sont plus proches d’une aventure commerciale. Avec celles-ci, il suffit d’obtenir les faits au sujet de l’offre et de la demande, actuels et potentiels. Pas besoin de deviner une douzaine de choses comme avec les actions.

L’objectif en lisant les cours est d’abord de déterminer comment et ensuite quand trader, c’est-a-dire est-ce qu’il vaut mieux acheter ou vendre et donc de connaitre la tendance des cours. Les cours montent ou descendent en fonction de la résistance qu’ils rencontrent, donc en suivant le chemin de moindre résistance.

Un spéculateur n’est pas un investisseur. Son but n’est pas de sécuriser un retour sur investissement régulier à un bon taux d’intérêt, mais plutôt de profiter d’une hausse ou d’une baisse de cours. Par conséquent, la chose à déterminer est la ligne spéculative de moindre résistance au moment du trading. Et il doit donc attendre le moment où cette ligne se définit car c’est le moment d’agir.

La tendance est établie avant que les nouvelles ne soient publiées. Et dans les marchés haussiers, les éléments baissiers sont ignorés et les éléments haussiers sont exagérés, et inversement.

Dans un marché sans tendance claire, il n’y a aucun intérêt à essayer de déterminer dans quelle direction le mouvement va aller. Il faut simplement établir l’amplitude du canal sans tendance et attendre une fois que le cours sort du canal.

Il est sage de laisser courir ses positions quand on gagne, et de les fermer rapidement quand on perd. Pour cela il faut combattre les instincts naturels. Il faut avoir peur quand on espère, et espérer quand on a peur. Il faut avoir peur que nos pertes se transforment en plus grosses pertes. Et il faut espérer que nos profits deviennent encore plus gros.

Chapitre 11

En 1907, j’ai acheté mon yacht et peu de temps après j’ai été surnommé le “Roi du coton” par de nombreux journaux grâce aux exploits que je venais de faire. C’est aussi à ce moment-là que j’ai fait la connaissance de Percy Thomas.

Un marché peut avancé soudainement ou bien grimpé graduellement et pourtant ne pas posséder la capacité à absorber plus qu’une certaine quantité d’ordres de vente. Il faut faire très attention à cela.

Chapitre 12

On ne peut pas être convaincu contre son gré, mais on peut être persuadé au point de devenir indécis et incertain, ce qui est pire car on ne peut plus trader avec confiance et confort.

Je pense naturellement que s’il est faux à un instant donné d’être baissier, alors il faut être haussier. Et s’il est juste d’être haussier, alors il est impératif d’acheter. J’ai toujours fonctionné de cette manière.

De toutes les erreurs à ne pas commettre, la pire est certainement d’essayer de moyenner à la baisse. Il faut toujours vendre les pertes et conserver les gains.

Plus d’une fois, on m’a recommandé de ne pas accorder trop de confiance aux analyses brillantes de Percy Thomas. Je n’y prêtais pas beaucoup d’attention et ai donc acheté beaucoup de coton, et encore plus pour empêcher le cours de baisser. J’avais accumulé 440,000 balles avant de réaliser ce que je faisais vraiment. J’ai perdu presque tous les millions de dollars que j’avais pour ne garder que quelques centaines de millier de dollars.

J’avais gagné tous mes millions moins d’un an avant en utilisant mon cerveau et aidé par la chance. Je venais de tout perdre en inversant le processus. Mais cette énorme perte n’était pas suffisante. La chance était contre moi. J’ai d’abord été malade et ensuite j’ai eu besoin de $200,000 en cash. Je ne pouvais pas prendre cet argent de mon compte de trading car j’avais besoin de la marge pour continuer à trader. Ma seule solution était de trouver cet argent en bourse. Quelle erreur!

Compter sur la bourse pour payer ses factures est la raison la plus fréquente pour des pertes à Wall Street. Non seulement j’étais endetté, mais j’ai continué à le rester.

Chapitre 13

Une fois de plus j’étais ruiné. J’étais aussi malade, nerveux, contrarié et incapable de raisonner calmement, ce qui est le pire état pour trader. Je décidais donc de quitter New York une fois de plus pour aller à Chicago pensant qu’un changement me ferait du bien.

J’ai recommencé à spéculer très prudemment jusqu’au jour où j’ai reçu un télégramme de Lucius Tucker que je connaissais vaguement. Il me demandait de revenir sur New York sans plus d’explications. Comme je ne faisais pas de miracle à Chicago et qu’il me faudrait longtemps pour me refaire, je suis donc retourné sur New York pour que Lucius me présente à Mr. Williamson. Celui-ci souhaitais que je trade pour lui avec son argent, à travers sa société de trading pour en fait aider les opérations de son beau frère.

J’avais une réputation de vendeur à découvert et étais surnommé le “boy plunger”. Depuis cette époque, a chaque fois que les marchés s’effondrent les ragots m’accusent.

Je n’avais pas vraiment le choix et avais donc accepté la proposition de Mr. Williamson. Rapidement je suis arrivé à générer de beaux gains. J’étais malheureusement complètement à sa merci et me suis retrouvé de nouveau endetté pendant les années maigres de 1911 à 1914. On ne peut pas être noble en bourse et rendre service!

Chapitre 14

Avec ses quatre années plates, j’ai commencé à me sentir découragé pour la première fois de ma vie. Je ne pouvais réussir tant que je devais de l’argent. Mon unique solution était de me déclarer en faillite personnelle pour me libérer mentalement.

J’ai donc redémarré de zéro et fin 1915 mon capital atteignait $140,000. L’année d’après, j’ai connu encore plus de succès en étant bullish dans un marché fortement haussier. Les gains en 1915 étaient largement distribués comme jamais à Wall Street. Nulle part l’histoire se répète aussi bien qu’à Wall Street. Le jeu ne change pas, ni la nature humaine.

Il arrive qu’un marché (et c’est souvent le cas) s’arrête d’être haussier longtemps avant que les cours généralement commencent à baisser. Pour cette raison, il ne faut jamais essayer de vendre au sommet. Il est préférable de vendre après une réaction s’il n’y a pas de reprise.

J’ai pu gagner trois millions de dollars en 1916 en étant bullish tant que le marché était haussier, et en étant bearish quand le marché baissier a débuté.

Dans un marché bear il vaut toujours mieux couvrir ses positions si une démoralisation totale se développe tout à coup. Car sinon il est très difficile de se débarrasser d’une grosse position.

Quand je suis retourné à New York au début de 1917, j’ai remboursé toutes mes dettes qui dépassaient un million de dollars. J’ai aussi sécuriser une partie avec des rentes pour ne plus jamais tout perdre.

Chapitre 15

Je suis devenu bullish sur le café quand le cours était pratiquement à un niveau d’avant guerre. J’ai conservé mes positions pendant presqu’un an pour accumuler une grosse perte. J’étais tellement persuadé que la hausse était logique et certaine que je pensais qu’il était impossible que je ne fasse pas des millions de dollars. Mais non!

Après cet épisode, je réussissais tellement en étant court sur d’autres matières premières que j’ai commencé à souffrir de ragots stupides. Les professionnels de Wall Street et les journaux prenaient l’habitude de m’accuser d’effondrer les marchés.

Je dois dire que dans 99% des cas ces raids sont des chutes légitimes, accélérées parfois par des traders professionnels, mais ils n’en sont jamais la cause principale, peu importe la taille de leurs positions.

Chapitre 16

A cause l’avidité et de la vanité, les gens veulent recevoir des conseils… et en donner!

La recette du vieux Baron de Rothschild pour accumuler de la richesse s’applique totalement à la spéculation: il n’achetait jamais au plus bas et revendait toujours trop tôt.

Chapitre 17

Il est pas plus courageux de vendre 50 actions ou 50,000, mais le premier n’influencera pas vraiment prix comparé au deuxième.

On peut savoir ce qu’il faut faire, et perdre de l’argent, si on ne le fait pas suffisamment vite. Un bon trader doit dépendre de son observation, son expérience, sa mémoire et ses mathématiques. Les probabilités sont aussi très importantes pour anticiper les marchés et pouvoir agir rapidement, ainsi que l’études des comportements de groupe.

Ces compétences permettent de déceler des variations par rapport à la normale et d’en profiter. Et c’est aussi comme ça que j’arrive à prendre des décisions rapidement laissant croire que j’utilise uniquement mon intuition ou la chance.

Chapitre 18

L’histoire se répète sans arrêt à Wall Street.

Je n’ai jamais peur d’avoir tort car je ne pense jamais avoir tort tant qu’on me prouve le contraire. L’évolution du marché à un instant donné ne prouve pas nécessairement que j’ai tort. C’est le caractère ou les fondamentaux de cette évolution qui peuvent le prouver.

C’est avec cette logique que je savais que j’aurais raison avec mon trade sur Tropical Trading. J’ai tenu mes positions sachant qu’elles étaient solides et que les initiés trop confiants allaient échouer. Mon business est de trader, c’est-a-dire de m’en tenir aux faits devant moi et non pas penser à ce que les gens devraient faire.

Chapitre 19

Truquer le marché pour faciliter l’achat à bon prix d’une action qu’on cherche à accumuler est aussi de la manipulation. Mais il reste difficile d’apprendre à manipuler les marchés. En revanche, il y a de l’argent à faire en étudiant les facteurs humains et la psychologie des spéculateurs, comme la peur ou l’espoir. A ce sujet, Thomas F. Woodlock a déclaré: “Les principes de réussite en spéculation boursière sont basés sur la supposition que les gens continueront à faire les erreurs qu’ils ont faites dans le passé”.

Une vision sans argent, c’est de la peine; avec de l’argent, c’est la réussite, donc le pouvoir, donc de l’argent,  donc la réussite, et ainsi de suite.

Chapitre 20

En bourse ou en guerre, il est judicieux de garder à l’esprit la différence entre stratégie et tactiques.

De nombreuses personnes m’ont dit que James R. Keene était l’opérateur le plus brillant et audacieux que Wall Street ait connu. C’était aussi le meilleur manipulateur de son temps. Keene achetait des milliers d’actions un jour, les revendait toutes le lendemain pour ne pas avoir de pertes. Ensuite, il laissait le marché tranquille pour voir comment il allait se comporter. Par la suite, il achetait sur des hausses et revendait sur des baisses car les autres traders cherchent toujours un rebond et il y a aussi les couvertures des shorts. Comme ça, Keene est arrivé à accumuler 9 millions de dollars en 2 ans.

La manipulation est l’art de faire de la publicité à travers le graphique de cours. Le graphique doit raconter l’histoire que le manipulateur souhaite que ses lecteurs voient. Plus l’histoire semble vraie et plus elle est convaincante, et meilleure est la publicité.

Il n’y a aucun intérêt à trop faire grimper le cours si personne ne peut vous en débarrasser par la suite. Les actions sont manipulées jusqu’au plus haut cours possible et ensuite vendues au public pendant la baisse.

La première étape dans un mouvement bull est de faire la pub qu’il y a un mouvement bull. Et la meilleure façon d’y arriver pour que l’action soit active et forte, c’est avec le cours et son graphique.

Chapitre 21

Pour ma manipulation de Imperial Steel, je savais que tant que le cours continuait à monter à chaque fois que j’achetais, alors tout allait bien pour moi. Si ce n’est pas le cas, alors c’est un excellent signal pour vendre. Avec la manipulation d’une action il faut toujours être attentif aux principes de base du trading. Il ne faut jamais contester le cours ou se mettre en colère après le marché pour son comportement.

Beaucoup de gens pensent qu’un manipulateur peut tout faire, mais c’est faux.

La différence entre la manipulation d’actions et la vente de d’actions ou d’obligations non cotées se situe au niveau du type de clientèle plutôt que dans le type d’attrait. J.P. Morgan & Co. vendent des obligations au public, c’est-à-dire à des investisseurs. Un manipulateur vend un bloc d’actions au public, c’est-à-dire à des spéculateurs. Un investisseur cherche la sécurité dans la régularité du rendement sur son investissement. Le spéculateur cherche un gain rapide.

Chapitre 22

Les booms financiers sont provoqués par les “boy bankers”. Les plus grandes banques et les sociétés de gestion pendant ces périodes font tout ce qu’elles peuvent pour aider à créer des millionnaires de toute sorte du jour en lendemain.

Quand une action n’est pas supportée par les initiés, alors c’est généralement un bon signe bear.

Chapitre 23

La spéculation ne disparaitra jamais. On ne peut pas empêcher les gens de se tromper en devinant malgré leur expérience. Même les meilleurs plans finiront par échouer car l’inattendu finira toujours par se produire.

De nombreuses personnes spéculent en achetant ou en vendant mais très peu font des bénéfices. Comme le public est toujours présent sur les marchés, cela signifie qu’il y a toujours des pertes de la part du public. Les ennemis mortels du spéculateurs sont: l’ignorance, l’avidité, la peur et l’espoir.

En plus d’essayer de gagner de l’argent, il faut essayer de ne pas en perdre et c’est tout aussi important. A travers la manipulation, la plupart des mouvements d’une action sont manigancés par les initiés qui n’ont qu’un seul objectif, et c’est de vendre avec le meilleur gain possible.

Le grande majorité des articles bullish publiés par des administrateurs ou initiés anonymes transmettent des messages peu fiables ou trompeurs au public, faisant perdre des millions de dollars chaque année. La véritable information de valeur est soigneusement gardée du public pendant que les principaux initiés achètent toutes les actions à bon prix. Pendant ce temps le cours monte.

Chapitre 24

En général, le marché est toujours en avance de six à neuf mois par rapport aux conditions réelles. Le public perd plus d’argent en achetant des actions sur des conseils d’initiés anonymes quand les cours sont trop hauts plutôt qu’en vendant des actions décotées à cause de conseils bearish pendant un “raid”.

Il faut toujours garder les fondamentaux en tête avec le trading. Quand une action monte, c’est parce qu’il y a des achats constants. Tant que cela continue, avec quelques petites réactions naturelles, il n’y a pas de soucis à suivre le mouvement. Mais si après une longue hausse, le cours baisse graduellement, avec quelques rebonds, alors il est évident que la ligne de moindre résistance a changé de direction.

Personne n’est capable de constamment battre le marché, même s’il peut faire de l’argent sur des actions individuelles de temps en temps. Peu importante l’expérience, la possibilité de perdre est toujours présente et la spéculation ne peut pas être sure à 100 pour cent.

Critique

Pour

  • Le livre se lit presque aussi facilement qu’un roman et constitue donc un bon divertissement.
  • Bonne couverture des notions de manipulation et d’accumulation.
  • Excellente démonstration sur le fait que l’histoire se répète régulièrement malgré des changements profond sur d’autres aspects (voir les contres ci-dessous).
  • Les critères émotionnels qui régissent les marchés et font agir les traders, investisseurs et spéculateurs ne changent pas.

Contre

  • Difficile de savoir ce qui est romancé de ce qui ne l’est pas.
  • Beaucoup d’aspects ont changé en plus de 100 ans: lois, systèmes de trading, frais de courtage, accès aux données, produits financiers, entreprises mentionnées, etc.
  • Les méthodes et stratégies de trading de Jesse ne sont pas très détaillées.
  • Cet inconvénient n’est pas propre à ce livre, mais il est beaucoup long et fastidieux de résumer un roman plutôt qu’un livre business ou de développement personnel à cause du manque de structure.

C’est à vous: Pensez-vous que les choses ont beaucoup changé en plus de 100 ans? Est-ce que les conseils de Jesse Livermore sont toujours pertinents de nos jours?

 

Voici les autres blogs participant à ce carnaval d’articles sur le même thème des “Traders célèbres, ce que leur expérience nous apprend” que je vous invite à aller visiter:

 

Lire des commentaires en français de “Mémoires d’un spéculateur” sur Amazon.fr

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4 réponses

  1. sam ventura dit :

    sur 100 ans se qui n’a pas changer c’est la nature humaine, il aura toujours des bulles, des kraks, des exés, qu’Un bon trader doit dépendre de son observation, son expérience, sa mémoire et ses mathématiques des probabilités

    par contre sue 100 ans beaucoup de chose ont changer, les ordis, la bourse électronique, les robots, le trading a haute fréquence, sa c’est l’évolution mais sur le fond le jeu na jamais changé car nature humaine ne change pas

    • Ben Le Brozec dit :

      Salut Sam,

      Plus les choses changent et plus elles restent les mêmes…
      Merci pour ton analyse que je partage entièrement!

      Ben

  1. 26/03/2015

    […] beaucoup d’argent quand on a raison. C’était justement l’approche de Jesse Livermore et sa méthode de pyramidage ou de moyennage à la hausse. Le principe est simple: il […]

  2. 28/03/2015

    […] similaire auquel j’avais participé au mois de juillet sur le sujet “Traders célèbres, ce que leur expérience nous apprend” avec le groupe mastermind auquel […]

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