Comment j’ai gagné 2 000 000 $ en bourse : résumé du livre de Nicolas Darvas
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Est-il possible d’accumuler plus de $2 000 000 en bourse en 18 mois en partant de $36 000?
Comment peut-on passer d’un statut de parieur sur les marchés financiers à un statut de fondamentaliste?
Existe-t-il d’autres étapes dans le parcours du combattant pour connaitre une véritable réussite en bourse?
La réponse à toutes ces questions se trouve dans ce livre qui retrace la vie exceptionnelle de Nicolas Darvas, un danseur reconverti à la bourse par le plus pur des hasards.
[NOTE: J’ai lu la version électronique en anglais de ce livre.]
Présentation du livre
Hongrois de naissance, Nicolas Darvas est sorti de l’université de Budapest comme économiste. Ne souhaitant pas rester en Hongrie à attendre l’arrivée des Nazis ou des Soviets, il fuit le pays à l’âge de 23 ans grâce à un faux visa et 50 livres sterling pour éviter la famine à Istanbul en Turquie.
Pendant son temps libre en tant que danseur, il lit environ 200 livres sur la bourse et les plus grands spéculateurs. Il y passe parfois jusqu’à huit heures par jour. Il se met à investir son argent sur deux actions qui viennent tout juste d’atteindre leur plus haut annuel. Il reste sidéré que ces deux actions continuent à grimper et finit par les vendre par la suite avec de grosses plus values. Il trouve la plupart de ses sélections d’actions dans le Magazine américain Barron.
À 39 ans, après avoir accumulé une véritable fortune, il écrit ce livre où il explique sa technique. Le livre décrit son approche unique plus connue sous le nom des « Boites de Darvas », qu’il a utilisée pour acheter et vendre ses actions. Le livre original de Darvas, publié en 1960, reste à ce jour un très grand classic en bourse.
Résumé du livre
Introduction
Darvas a réussi sa prouesse de transformer $36,000 en $2,250,000 en 18 mois en appliquant les principes suivants:
- Sans utiliser d’effet de levier
- Sans utiliser des mouvements à forte vélocité
- Sans réinvestir ses gains
- En évitant de vendre trop tôt et affichant ainsi de gros gains grâce à un stop suiveur simple
- En limitant ses pertes à moins de 10% au maximum, sans faire de compromis
Ces principes de base lui ont permis de rester très serein dans son approche. L’utilisation de stops suiveurs lui permettaient de sortir rapidement des mauvaises positions pour vite aller sur les bonnes.
Le Parieur
Chapitre 1: La période canadienne
En novembre 1952, Nicolas Darvas est danseur et habite à New York. Un jour il se fait proposer un nouveau contrat pour aller danser dans une boite de nuit à Toronto, au Canada. La grosse particularité de cette proposition c’est que son salaire ne sera pas payé avec de l’argent, mais plutôt avec 6000 actions d’une société appelée Brilund, cotant 50 centimes par action. Darvas, n’y connaissant rien en bourse à l’époque accepte quand même l’offre avec une condition. Si le cours descend en-dessous de 50 centimes, il veut que l’employeur prenne la perte à sa charge.
Deux mois plus tard, le cours avait grimpé à $1.90. Darvas clôturait ses positions, empochant une jolie plus value de $8,000. C’est avec cette chance du débutant qu’il se plonge dans la bourse. Il réalise rapidement qu’il lui faut accéder à de l’information pour prendre les bonnes décisions. Cette information est malheureusement inaccessible au commun des mortels.
Darvas effectuent ses premières opérations en suivant des conseils par ci par là. ll s’aperçoit longtemps plus tard que cette méthode ne fonctionne JAMAIS. Même s’il arrive à gagner un peu d’argent à certains moments, tout est perdu tout de suite après. C’est d’ailleurs ses actions favorites, celles auxquelles il s’accroche le plus, sont celles qui lui font perdre le plus d’argent.
Cette période en bourse se caractérise par du jeu, du pari, complètement stupide, sans aucune stratégie. Darvas suit seulement son intuition. Les quelques rares gains lui font rapidement oublier ses pertes constantes en lui faisant miroiter la carotte au bout de son nez. Il finit par se rendre compte qu’il n’a absolument aucune idée de ce qu’il fait! Les conseils financiers qu’ils écoutent sont généralement fournis par des opérateurs qui ont acheté longtemps avant grâce à des informations privilégiées. Ses quelques gains ne sont rien de plus que de la pure chance.
Le Fondamentaliste
Chapitre 2: L’entrée à Wall Street
Darvas se fascine de plus en plus pour le marché à New York et décide de rentrer au pays. Ses débuts en bourse au Canada étaient du jeu fou qu’il ne fallait pas répéter. Tout allait être beaucoup plus sérieux à New York en étant situé près des marchés financiers. Il allait aussi avoir maintenant une approche plus prudente et sophistiquée. Du moins, c’était le plan…
Darvas se persuade qu’il approche la bourse beaucoup moins comme un amateur dès à présent. Mais c’est un leurre! Rien n’a changé. En revanche, tout ce qu’il touche se transforme en or, ce qui est d’autant plus pernicieux.
Fin mai 1954, ses $10,000 se sont transformés en $14,600. Darvas doit cette grande « réussite » grâce à ses abonnements à Moody’s Fitch et Standard & Poor’s. Les informations semblaient excellentes, même s’il n’y comprenait rien! Il se familiarise avec l’expression populaire à Wall Street: « C’est impossible d’être ruiné en prenant un gain« . À ses dépends, il s’aperçoit par la suite que c’est tout à fait possible.
Une autre expression l’attire énormément: « Acheter bon marché et revendre cher« . Toutes ces expressions et rumeurs à Wall Street étaient en fait très souvent infondées et dangereuses à écouter, peu importe le marché. Darvas continue à ignorer ses pertes tellement il est euphorique de faire partie de Wall Street. Il enchaine les nouvelles stratégies.
Sa toute dernière stratégie est de suivre les opérations des dirigeants des sociétés en bourse. L’information est disponible facilement dans le Wall Street Journal. Rapidement il découvre que cette approche ne marche pas non plus. L’information arrive souvent trop tard. Et les dirigeants, même s’ils connaissent très bien leur entreprise, n’ont aucune idée de comment le reste du marché va réagir. Avec toutes ses stratégies et erreurs, Darvas commence à tirer les leçons suivantes:
- Il ne doit pas suivre les services de conseils, ils ne sont pas infaillibles
- Il doit être prudent avec les conseils des brokers
- Il doit ignorer les expressions de Wall Street
- Il ne doit pas acheter de gré à gré, mais seulement sur les marchés où il y a un véritable acheteur quand il veut vendre
- Il ne doit pas écouter les ragots, même s’ils semblent bien fondés
- L’approche fondamentale semble mieux fonctionner que le pur pari
Il se spécialise donc dans l’analyse fondamentale avec l’hypothèse qu’il vaut mieux conserver une action qui monte plutôt que de jongler avec plusieurs sur une période courte. D’ailleurs, bien souvent, la hausse s’explique par les fondamentaux solides de l’entreprise. Il ne reste plus qu’à trouver la meilleure action en épluchant les rapports.
Il finit de nouveau par déchanter rapidement. Même si tout semble parfait sur le papier, bilan ok, perspectives excellentes, les cours ne suivent jamais en fonction. Darvas se dit peut-être que c’est son analyse personnelle qui est faussée. Après quelques recherches, il tombe sur des services de notations des entreprises au niveau de leurs données fondamentales (bénéfices par action, marché, concurrence, dividendes, produits, clients, etc.). Chaque action est notée et comparée aux autres avec un certain degré de certitude. C’est parfait, il a maintenant la solution idéale! En plus, il n’a plus besoin d’effecteur le travail fastidieux d’éplucher les rapports d’entreprise. Il est désormais un financier redoutable…
Chapitre 3: Ma première crise
Darvas remarque les phénomène suivant: les actions sont regroupées par industrie et les actions dans une même industrie ont tendance à bouger en groupe, comme un troupeau. Il suffit donc de trouver le groupe industriel le plus solide et l’entreprise la plus solide au sein de ce groupe, puis d’acheter cette action et d’attendre qu’elle monte forcément. La stratégie semble tellement fiable que Darvas emprunte et hypothèque. Rien ne peut mal se passer.
Toutes les recherches, les analyses scientifiques, les comparaisons, basées sur les données fondamentales les plus sures laissent au final Darvas avec une perte de $9,000 sur un capital de plus de $36,000 au départ. Il est dépité. Rien ne marche: le jeu, les tuyaux, les informations, les recherches, les investigations. Quoi qu’il essaie pour gagner en bourse, il finit toujours avec une méthode qui ne marche pas. Il désespère et se demande s’il peut vraiment continuer…
Darvas se ressaisit car il veut absolument sauver son bien immobilier hypothéqué. Il tient aussi à trouver un moyen pour éponger ses pertes. Pendant des heures chaque jour, il scanne les actions pour trouver la solution miracle. Il décide d’acheter une action dont il n’a jamais entendu parler. Il la suit comme le lait sur le feu pendant des semaines. L’action continue de grimper mais pour ne pas trop tenter sa chance, il la revend finalement avec un joli gain. Ça ne suffit quand même pas à effacer ses $9,000 de pertes.
Cette action qui vient de le sauver était une action qu’il ne connaissait pas du tout auparavant. La raison apparente de cette belle réussite est que l’action était en hausse au moment de l’achat.
Le Technicien
Chapitre 4: Développer la théorie des Boites
Après ses expériences plutôt fortes en émotions, Darvas se pose et comprend qu’il ne peut plus continuer à se reposer sur la chance pour gagner en bourse. Il doit s’appuyer sur des connaissances solides pour opérer correctement. Il affronte chaque jour les experts les plus pointus. Pour gagner il doit comprendre les concepts de base du jeu. Il est persuadé que l’approche purement technique pour aborder les marchés est fiable. En analysant les cours et les volumes et en faisant abstraction de tout le reste, il devrait obtenir une belle performance.
Quand une bonne nouvelle intervient sur une entreprise, alors elle doit forcément se répercuter sur les cours et les volumes. Cette logique s’explique par le fait que de nombreuses personnes seront intéressées pour acheter des actions de cette entreprise. Par conséquent, Darvas va se mettre à acheter une action qui devient soudainement active et dont le cours grimpe après une période de faible activité. Il se focalise maintenant principalement sur les mouvements des actions au travers de nombreux livres, graphes et classements. Il découvre des mouvements qu’ils ne percevait pas auparavant. Tout lui parait nettement moins aléatoire. Des tendances se dessinent, à l’intérieur desquelles des structures se forment pour encadrer les cours. C’est le début de ses fameuses « boites » qui le mèneront vers la fortune.
La théorie des boites de Darvas est toute simple: les cours oscillent entre un point haut et un point bas, formant une boite. Quand les boites s’empilent les unes sur les autres à la façon d’une pyramide alors Darvas commence à s’intéresser à la boite au sommet. Si les cours continuent à osciller dans la boite au sommet, tout est parfait. Sinon, le manque de mouvement montre un manque de dynamisme important. Il ne lui reste plus qu’à déterminer la taille des boites qui doit être propre à chaque action. Dernier élément important à définir: le meilleur moment pour intervenir à l’intérieur de ces boites.
En testant ses boites, Darvas arrive aux conclusions suivantes:
- Rien n’est sûr en bourse, n’importe quelle action peut tout faire.
- Il faut accepter ce fait et s’adapter en oubliant sa fierté et son ego.
- Il faut devenir un analyste entièrement impartial sans s’identifier à une théorie ou une action en particulier.
- Il ne faut pas se reposer sur la chance; tout doit être mis en place pour réduire le risque au maximum.
Il prend donc les mesures suivantes:
- Acheter des positions en utilisant seulement des ordres stop avec un certain seuil de déclenchement, combiné à un ordre stop loss pour se protéger d’une baisse éventuelle.
- Conserver les actions qui grimpent tout en montant les stop loss au fur et à mesure.
- Continuer à acheter la même action tant que la hausse continue.
- Partir en courant avec les gains quand le stop loss se déclenche.
Et pour arriver à mettre toutes ces mesures en place, Darvas doit accomplir quelque chose d’encore beaucoup plus difficile: contrôle totalement ses émotions, la peur, l’espoir et l’avidité.
Chapitre 5: Des télégraphes à travers le monde
Alors que Darvas met son système en place, il effectue un tour du monde pendant deux ans avec son travail de danseur. Il est obligé de mettre en place tout une méthode utilisant des codes dans des télégraphes pour communiquer ses ordres d’achat et de vente à son broker.
Il se focalise toujours uniquement sur le cours de 5 à 8 actions en même temps et oublie tout le reste et le brouhaha ambiant. Il ne peut pas entendre ce qui se dit, mais peut voir ce qui se fait. Il essaie d’abord de tester son système avec de l’argent fictif. Mais tout est trop facile car les émotions n’interviennent pas. Il bascule donc rapidement sur du réel avec du véritable cash.
Un autre élément le frappe rapidement: les mouvements inexplicables qui interviennent sur ses actions proviennent généralement de mouvements violents sur le reste du marché. Les oscillations importantes des marchés ont une influence sur les actions individuelles. Avant de prendre une position il doit donc aussi s’assurer que les marchés sont forts.
Pour surveiller tous ces éléments, Darvas commence à tenir un journal de suivi où il note les raisons pour lesquelles il décide d’acheter et de vendre. Son but est de ne pas répéter ses erreurs passées. Grâce à cette information, les actions lui semblent de plus en plus avoir une personnalité propre. Ce qui ne le surprend qu’à moitié puisque leurs cours reflètent la personnalité de ceux qui les achètent et les vendent.
Les marchés terminent l’année 1957 avec une forte hausse. Nicolas Darvas se considère beaucoup plus expérimenté, avec une plus grande connaissance, une bien meilleure confiance… et une perte totale de $889!
Le Techno-Fondamentaliste
Chapitre 6: Pendant le marché Baby-bear
La chute des marchés financiers finit par se produire et toutes les actions sont impactées. Darvas doit maintenant estimer l’étendue des dégâts pour les actions et combien de temps elles vont mettre pour se relever. La tendance générale est baissière et c’est pas la peine d’essayer de lutter contre.
Darvas tente d’identifier les actions qui resistent le mieux à la chute. Il part sur le principe que si quelques actions arrivent à nager à contre courant, elles seront certainement celles qui repartiraient le plus fort quand le courant change de direction.
Il est de plus en plus conscient que les actions dont directement corrélées à leur capacité bénéficiaire. Du coup, même si de nombreuses autres raisons peuvent faire bouger le cours d’une action, il choisit de n’en chercher qu’une: l’amélioration de la capacité bénéficiaire ou l’anticipation de celle-ci. Pour y arriver, il allie son approche en analyse technique à celle en analyse fondamentale. Il sélectionne donc uniquement les actions sur leurs aspects techniques, mais n’achète que celles qui montrent une amélioration potentielle des profits pour la partie fondamentale.
Dans le cas où la situation générale s’améliore, les actions qui montrent le meilleur potentiel de développement futur devraient mieux se comporter que les autres. Et le meilleur endroit pour trouver ces entreprises, c’est de chercher du côté des industries naissantes. Sa décision est prise aussi sur un autre aspect: il va maintenant acheter haut et revendre encore plus haut.
Les marchés continuent de s’effondrer, mais Darvas sait qu’ils finiront bien par se redresser. Chaque tendance baissière est toujours suivie par une tendance haussière. La technique est d’être à l’affût des moindres signes de reprise valides pour sauter sur les occasions avant qu’il ne soit trop tard et que tout grimpe trop haut.
Darvas affiche à ce moment cinq années d’expérience en bourse. Son expérience canadienne lui a appris à ne pas parier. Sa période fondamentaliste lui a appris les groupes industriels et les tendances des bénéfices. Sa période technique lui a enseigné à interpréter les mouvements de cours et les positions techniques des actions. Il est dans une phase de consolidation de toutes ses approches.
Il commence à sentir doucement la fin de la tendance baissière. Il se doute que les leaders d’hier ne seront pas ceux de demain. Des actions comme Universal Products, Thiokol Chemical, Texas Instruments, Zenith Radio, Fairchild Camera, dont personne n’avait jamais entendu parler semblent simplement endormies pour Darvas. Un jour, elle se réveilleront et deviendront les leaders de la reprise. Elles vont lui faire gagner $2 000 000.
Chapitre 7: La théorie commence à marcher
En novembre 1957, Darvas se trouve à Saigon, alors que Wall Street continue sa chute. Une action attire son attention: Lorillard. Au fur et à mesure que Lorillard grimpe, il se renforce et utilise une marge de 50% pour afficher une position de plus de $35 000. Il garde donc du capital pour un autre investissement éventuel, qui s’avèrera être Diners’ Club.
Cette dernière montre une forte hausse des volumes et des cours. Tout est ok du côté des fondamentaux. Darvas prend donc position sur Diners’ Club avec 50% de marge de nouveau. Il se renforce aussi puisque les cours évoluent dans son sens. Ses gains théoriques grimpent et il n’oublie pas de monter son stop loss progressivement. C’est son assurance tout risque!
Ses profits latents sur Diners’ Club sont de $10 000, mais il conserve sa position car d’après sa méthode, tout prouve que l’action va continuer son ascension. Quelques mois plus tard, son assurance se déclenche. L’action vient d’enfoncer le bas de sa boite et la position est automatiquement clôturée. Il reçoit $35 848.85 pour un gain de $10 328.05.
Six semaines plus tard, Darvas apprend qu’American Express était en train de développer une solution concurrente à celle de Diners’ Club. ll ne connaissait pas du toute ces déroulements à l’époque. Mais certains initiés étaient déjà en train de liquider leurs positions. C’est pour cette raison que sa vente s’était déclenchée, grâce à son approche technique. Il n’avait aucun moyen de voir cela avec les fondamentaux.
Pendant ses aventures avec Diners’ Club et Lorillard, Darvas continue à suivre d’autres actions et s’intéressent à E.L. Bruce: les volumes sont là, la hausse des cours aussi. Il fait une exception: fondamentaux ou non, tout est parfait, il va pendre position si la hausse continue. Mais il lui faut du cash et il n’a que celui de Diners’s Club. Plus question maintenant de prendre des risques insensés et d’hypothéquer ou d’emprunter quoi que ce soit. Il a compris la leçon!
Lorillard semble végéter, alors il revend. En l’espace de 5 mois, avec Diners’ Club et Lorillard, il a réussi à doubler son capital. Il investit tout dans E.L. Bruce, une action plutôt erratique mais la méthode semble très bien fonctionner. Son prix de revient se situe entre $50 et $54 avec plusieurs entrées pour une position à plus de $130 000. Le timing est parfait et E.L. Bruce explose à la hausse. La situation se complique par la suite avec des rumeurs. Darvas est tiraillé pour revendre et se raisonne enfin à conserver. Il n’y a aucune raison technique pour revendre une action qui continue sa hausse.
Darvas solde sa position quelque temps plus tard et réalise sa première GROSSE performance: $295 305.45 de gains avec cette opération.
Il raconte son histoire à tout le monde, mais personne ne veut le croire. Tout le monde veut savoir où il a eu le tuyau. Darvas est aux anges. Il a tout fait tout seul!
Comment Darvas va passer de presque $300 000 de gains à plus de $2 000 000? Comment va évoluer sa stratégie des boites? Comment fait-il pour afficher une telle réussite? La suite et fin au prochain épisode avec « Comment j’ai gagné 2 000 000$ en Bourse – 1er demi-million, 2ème crise & 2 millions (3/3)« …
Le Techno-Fondamentaliste (suite)
Chapitre 8: Mon premier demi-million
Malgré l’énorme succès que Nicolas Darvas connait avec E.L. Bruce, il sait rester prudent sans être avide. Il ne compte pas reperdre les $325,000 qu’il vient de gagner en seulement 9 mois. Pour ça, il retire la moitié de ces gains et continue à surveiller les meilleures actions de près. Mais comme d’habitude, suite à une jolie performance, les semaines qui suivent ne sont pas bien brillantes.
Darvas est obsédé par Lorillard. C’est pas une bonne chose et il en est conscient, mais ne peut pas s’en empêcher. Il s’intéresse aussi à Universal Controls (anciennement Universal Products) qu’il recommande d’ailleurs à son secrétaire. Ce dernier ne suit pas son conseil car il préfère écouter son père. Son père, un pur fondamentaliste, ne voit pas l’intérêt d’acheter une action qui a déjà bien grimpé et qui ne peut que descendre maintenant. Pendant que le père fait ses recherches et analyses les comptes de l’entreprise, le cours prend plus de 50%…
Thiokol Chemical attire aussi Darvas. Il a l’impression de voir un calme avant une tempête. Les cours montent et il achète au-dessus de $45. Les cours oscillent maintenant entre $52 et $56. Notre danseur se voit proposer d’exercer un droit d’acheter une action pour douze déjà détenues, au prix préférentiel de $42. Il saute instantanément sur l’offre en utilisant de la marge! Les cours continuent leur ascension à plus de $100. Entre Thiokol et Bruce, il est assis sur plus d’un demi million de dollars de plus values latentes.
Faut-il vendre ou conserver?… L’éternel dilemme. Les sommes importantes le font hésiter encore plus. S’il garde ses positions, sa vie peut changer pour toujours. S’il revend, il risque de le regretter à jamais. Il choisit la première solution, et conserve ses positions. Ça correspond à sa stratégie de départ, il tient bon… Et il a raison! Les cours grimpent toujours plus. Darvas se sent fou de joie, confiant et victorieux.
Il ne sait pas encore que dans les semaines qui viennent, il va passer pour un imbécile et frôler la ruine…
Chapitre 9: Ma deuxième crise
Darvas gagne une énorme confiance dans son système. Il sait clairement comment il a réussi et peut répéter l’opération. S’il est arrivé à faire un demi million, qu’est-ce qui l’empêche de faire 2, 3, ou même 5 millions? Il venait de renforcer ses poches, mais avait ramolli sa tête. Il était devenu TROP confiant. C’est un état très DANGEREUX en bourse. Les marchés finissent toujours par punir cette arrogance.
Nicolas Darvas s’installe de nouveau à New York pour être plus proche des marchés. De toute façon il a un système infaillible, rien ne peut l’arrêter. En seulement quelques jours près de Wall Street, il vient de jeter tous ses principes acquis durant six ans par la fenêtre. Tout ce qu’il a appris à ne pas faire, il le fait de nouveau à New York: parler aux brokers, écouter les rumeurs, être rivé aux écrans sans arrêt.
Toute la partie rationnelle est en train de le lâcher et ses émotions prennent le contrôle total de ses décisions. Tout ce qu’il touche se passe mal. Il est dans un cercle vicieux infernal:
- Il achète au sommet
- Les cours commencent à baisser
- Il panique et vend
- Les cours commencent à grimper
- Il devient avide
- Il achète au sommet
- Etc.
Au lieu de blâmer sa propre stupidité, il préfère trouver des excuses à toutes ses erreurs. ll connait une période désastreuse et perd $100,000 en quelques semaines. La liste de ses trades ressemble à celle d’un parfait imbécile. Son égo l’a mené vers la vanité, puis l’arrogance et enfin le désastre. Il ne s’est pas fait battre par le marché. Il a tout simplement perdu contre ses instincts irrationnels et ses émotions incontrôlables.
Il passe trop de temps devant les écrans, à essayer de trop en faire. Au final, il ne comprend plus ce qui se passe. Quand il voyageait, il était capable d’analyser les choses calmement, sereinement, de manière détachée. Maintenant, il est au beau milieu du brouhaha, constamment interrompu et influencé par les rumeurs. Il avait seulement besoin de ses cours, et c’était tout. Darvas est totalement démoralisé. Il a perdu son avantage. Il se sent comme s’il venait d’avoir un terrible accident et ne pourrait plus jamais redevenir normal.
Il demande donc à ses courtiers de ne le contacter plus que pour lui fournir des cours et rien d’autre. De nouveau, il arrive à différencier les actions solides des autres. Il est en pleine période de rééducation. Son moral revient. Il regagne confiance et commence à être prêt pour revenir sur les marchés. Comme un pilote qui se crash en avion, il doit retourner voler pour s’assurer que sa méthode fonctionne.
Chapitre 10: Deux millions de dollars
En février 1959, Darvas a complètement récupéré. Il investit dans les marchés de nouveau. Il sait qu’il doit s’en tenir uniquement à son système, celui qu’il a crée de toutes pièces. Il doit monter des défenses autour de lui pour ne pas être perturbé et reproduire ses erreurs du passé. Pour ça, il vit la nuit et dort le jour. Quand il est réveillé la nuit, les marchés sont fermés. Tout est calme, comme quand il était en voyage.
Il regarde uniquement les cours et les volumes et oublie tout le reste. Il travaille pendant que Wall Street dort. Tous ses trades ne sont pas gagnants, mais ce sont de petites positions. Quelques uns ne se comportent pas comme il l’avait prédit. Il a toujours Universal Controls et Thiokol. Darvas resserre son stop loss sur Universal Controls car la hausse ralentit. Il se fait sortir avec une plus value de $409,356.48. Il a maintenant une belle somme à réinvestir et son attention se tourne sur Texas Instrument. L’action montre un cours élevé et beaucoup d’activité.
Le deal avec Thiokol avait été tellement exceptionnel que Darvas a toujours gardé son stop loss plutôt éloigné pour laisser de la place à l’action. Cette flexibilité lui a d’ailleurs évité deux fois de se faire sortir alors que l’action continuait à grimper par la suite. L’activité sur Thiokol devient tellement hystérique que tous les ordres stop sont suspendus. Sans une de ses armes les plus efficaces, Darvas préfère solder toutes ses positions à $68 pour un profit de plus de $850,000.
Son capital est tellement important qu’il lui devient de plus en plus difficile de prendre des positions ou d’opérer sans influencer les cours. Il effectue donc des achats tests avec des sommes plus petites. Il place un stop loss arbitraire à 10% en-dessous de son cours d’achat et laisse le marché choisir pour lui les positions les plus fortes. Il se fait sortir des positions qui baissent et se renforce sur les positions qui montent. Il a maintenant plus d’un million de dollars sur deux positions: Zenith Radio et Fairchild Camera.
Mon avis sur le livre
Points forts
- Livre cours, rapide et agréable à lire.
- Un véritable parcours du combattant est présenté avec des expériences très variées et touchant à l’analyse fondamentale, l’analyse technique et l’analyse graphique. Darvas a touché un peu à tout avant d’arriver à élaborer un système qui lui corresponde et qui marche.
- Les succès et les échecs sont racontés avec autant d’ampleur et de candeur.
- L’histoire date de plus de 50 ans maintenant et prouve pourtant que les marchés ont peu changé sur certains aspects comme la forte influence des émotions, des rumeurs et des conseils ambiants.
- Le livre prouve clairement qu’il est possible de bâtir une véritable fortune en bourse en un temps très court en ayant une méthode solide et la discipline pour s’y tenir.
Points faibles
- Les exemples ne sont pas toujours clairs, notamment au niveau des montants investis et des marges utilisées, malgré plusieurs tableaux récapitulatifs.
- L’introduction stipule que Darvas n’a pas réinvesti ses gains, mais ça ne semble pas être le cas en lisant le détails de son histoire. C’est seulement par la suite qu’il sort une partie de ses profits.
- L’introduction précise aussi que Darvas n’a pas utilisé d’effet de levier, mais c’est totalement faux. Il fait appel à de la marge à de nombreuses reprises. Ça revient exactement à utiliser un effet de levier puisqu’il avance seulement une partie de fonds nécessaires pour ouvrir la totalité de ses positions. Son effet de levier est donc de 2, parfois même de 3.
- Les éléments précis de son système de boite n’est pas totalement dévoilé. La définition et la construction même des boites reste un peu flou notamment les critères qui définissent les frontières exactes de chaque boite. Un présentation plus visuelle aurait été appréciable.


Vous voulez débuter en Bourse ou avoir une méthode solide, des outils performants et innovants pour faire fructifier votre capital efficacement ?
Bonsoir Ben,
J’ai l’impression de lire le récit de ma première expérience en bourse pour la partie « parieur » 😉
Merci pour ce récit.
Jeremy
Salut Jeremy,
Je pense que chacun de nous peut se retrouver dans différentes parties de l’expérience de Nicolas Darvas. Il a ratissé assez large! On est nombreux à avoir démarré avec la partie « parieur », c’est dommage, mais ça semble être une étape quasi incontournable en bourse malheureusement.
La suite du récit révèle de jolies surprises…
Ben
La suite, la suite !
Plus sérieusement, même si je n’ai pas connu la phase parieur, j’ai déjà suivi des conseils d’analystes … Sans succès. J’ai très vite déchanté.
Il a l’air quand même assez déjanté ce Darvas, pour hypothéquer un bien et placer cet argent en bourse !
Quoi qu’il en soit, j’ai très envie de connaître la suite.
Salut Guilhem,
La suite des aventures de Nicolas Darvas arrive bientôt 😉
Il a pris beaucoup de risques c’est vrai avec ses prêts et ses hypothèques. Comme on le verra par la suite, ça lui a servi de leçon! Il a mis les pieds dans la bourse d’une manière assez peu orthodoxe aussi, surtout pour l’époque: accepter de se faire rémunérer en actions uniquement, c’est pas courant.
Ben
Très intéressant Ben,
Tu sais le coté intéressant à tous nos blog, c’est qu’ils permettent d’approfondir nos connaissances sur un paquet de thèmes et de méthodes d’investissement différentes, et quelques fois, on se rend compte que certaines choses peuvent se jumeler à notre méthode, ans pour autant la chambarder.
Martin
http://www.investir-a-la-bourse.com
Salut Martin,
Eh oui, la blogosphère en français sur la bourse s’élargit et c’est très bien comme ça. Il n’y a pas qu’une façon de réussir en bourse! Il reste cependant extrêmement rare d’essayer une seule approche et de s’y tenir pour toujours. Je pense qu’il est important de faire un tour d’horizon de différentes approches avant de foncer tête baissée dans une en particulier.
Tout ça pour la bonne et simple raison que ça permet de s’orienter vers une approche qui corresponde plus à nos croyances et nos valeurs. Il sera plus facile d’avoir confiance et de se focaliser à 100% dans cette approche, sans se demander constamment ce qu’il y a autour et d’être tenté de papillonner sans arrêt.
Ben