Flash Boys : résumé du livre de Michael Lewis

Flash boys
  • Titre original: Flash boys
  • Auteur: Michael Lewis
  • Kindle Edition: 277 pages
  • Editeur: Penguin
  • Date: 31 mars 2014
  • Langue: Anglais

Ouah!!! Ce livre dépote! Si vous voulez vraiment savoir ce qui se passe au fin fond des marchés financiers et comment certains brassent des milliards… avec votre argent, alors je vous conseille vivement de lire ce livre. Il est seulement disponible en anglais pour le moment. Mais heureusement, vous avez un résumé en français ci-dessous 😉

Présentation du livre

Michael Lewis, le Maître des histoires à scandale, est de retour avec Flash Boys.

Vous pensiez que Wall Street c’était des mâles dominants qui passaient leur temps à se gueuler dessus dans une salle de marché? Vous êtes à côté de la plaque. Ce monde est mort.

Maintenant l’argent s’échange à travers le monde avec des ordinateurs aux codes informatiques complexes, à l’intérieur de boites noires situées dans des bâtiments hautement gardés et sécurisés. Même les experts à qui vous avez confié votre argent n’ont aucune idée de ce qui se passe avec. Et pour la petite poignée de ceux qui savent, ils ne vous diront rien… ils sont bien trop occupés à brasser des fortunes avec votre argent!

Vous avez à faire à un marché qui est truqué, sans contrôle et totalement caché; un marché entièrement axé sur la vitesse; et où les traders sont prêts à vendre leur mère pour une microseconde. Clignez des yeux, et c’est déjà trop tard pour vous, vous avez tout raté.

Dans Flash Boys, Michael Lewis raconte l’histoire explosive de comment un groupe d’extravagants et de marginaux se donnent comme mission de dévoiler ce qui se passe vraiment. Cette histoire montre comment ça fait d’aller déclarer la guerre aux plus riches et plus puissants du monde. Tout est question de faire tomber un système entier. Mais c’est aussi de montrer que la folie a aujourd’hui a pris le contrôle total des marchés financiers.

Vous n’y croirez pas tant que vous ne l’aurez pas lu.

Résumé du livre

Introduction – Des fenêtres sur le monde

Le krach boursier de 1987 a déclenché un changement irréversible dans le monde financier. Ce changement a commencé doucement et petit, et n’a fait que prendre de l’ampleur depuis: les ordinateurs ont maintenant totalement remplacé les personnes.

Les marchés financiers américains opèrent actuellement dans des boites noires, fortement gardées, dans des bâtiments situés au New Jersey et à Chicago.

Chapitre 1 – Caché sous nos yeux

Pendant l’été 2009, deux milles ouvriers commencent à creuser un tunnel pour relier un centre de données dans Chicago à un marché financier dans le nord du New Jersey. Le projet est top secret et a pour objectif de relier ces deux points avec un câblage ultra rapide.

La personne derrière ce projet fou s’appelle Dan Spivey, un trader actions sur les marchés à terme originaire du Mississippi. En 2008, Spivey s’est rendu compte qu’il existait de gros écarts de vitesse pour passer des ordres sur une place ou une autre. Ce phénomène constituait une mine d’or pour qui voulait profiter des écarts de cours entre deux marchés.

Spivey persuade des investisseurs de se lancer dans ce projet dément même s’il reste énormément d’inconnues comme: Qui seront les clients? Combien va couter le projet? Combien facturer cette nouvelle ligne ultra rapide? Combien le projet va-t-il rapporter?…

Chapitre 2 – Le problème de Brad

Brad Katsuyama est un simple employé de RBC (Royal Bank of Canada). Probablement la neuvième plus grosse banque au monde à l’époque. Il travaille à Wall Street comme trader sur actions techno et énergie américaines. En 2006, RBC rachète Carlin Financial, une société spécialisée dans les opérations de trading électronique.

Brad est petit à petit confronté à un problème majeur qui l’empêche d’exercer son travail correctement: à chaque fois qu’il passe un ordre d’achat ou de vente en ayant les carnets d’ordre devant lui, le marché se déplace immédiatement contre lui. Les marchés financiers sont truqués!

En creusant le problème, il se rend compte assez rapidement que très peu de personne dans le monde comprennent réellement ce qu’il se passe dans les différents systèmes informatiques quand un ordre d’achat ou de vente est placé. Il obtient l’autorisation de sa hiérarchie pour constituer une équipe et comprendre le trading à haute fréquence (HFT en anglais pour “high frequency trading”). L’équipe est autorisée à perdre $10,000 par jour en faisant des tests en réel sur les marchés et établir des théories et des modèles.

L’équipe s’aperçoit vite que plus leurs ordres sont éparpillés sur plusieurs marchés (NYSE, Nasdaq BX, Nasdaq, BATS, etc.) et moins ils sont exécutés, ce qui parait complètement contradictoire. En fait, quelques petits malins utilisent le HFT quelque part pour profiter du fait que les ordres n’arrivent pas tous en même temps sur les différents marchés. Ils passent ainsi devant tout le monde pour faire la contrepartie des opérations à des cours moins avantageux pour les autres.

Tous ces génies du HFT gagnent tellement d’argent qu’aucun ne veut prendre le temps de s’arrêter pour expliquer comment il fait.

Chapitre 3 – Le problème de Ronan

Après avoir fait la fac de Fairfield en 1996, Ronan n’arrive pas à trouver du travail dans les banques à Wall Street. Il décide donc de travailler dans les telecoms même s’il n’y connait pas grand chose. Rapidement il part dans la vente et se débrouille très bien et gagner plusieurs centaines de millier de dollars par an en vendant des solutions techniques aux banques qui cherchent à exécuter des ordres sur les marchés toujours plus vite.

Toutes les entreprises dépensent des fortunes pour être situées de plus en plus près des marchés financiers. Et pourtant, très peu de traders comprennent réellement les technologies qu’ils utilisent au final. Les plus gros acteurs au niveau du trading à haute fréquence sont Citadel et Getco. Ce sont des entreprises qui tradent pour leur compte propre. À ce jeu-là, les banques sont loin derrière.

En 2009, Ronan se fait approcher par Brad chez RBC et accepte de travailler pour lui malgré une énorme perte de salaire et un poste ultra flou. Il a enfin un poste dans Wall Street, ce dont il a toujours rêvé! À eux deux, avec leur connaissances respectives, ils commencent à recoller les morceaux pour comprendre le puzzle du trading à haute fréquence. Brad explique le trading à Ronan, et Ronan explique la technologie à Brad.

Le 6 mai 2010 se produit le célèbre krach flash: le marché chute de 600 points et récupère tout en quelques minutes! Le rapport des régulateurs de marché explique que le phénomène s’est produit à cause d’un seul ordre placé par un fond obscure à Kansas City. Les conclusions de cet événement sont totalement biaisées car l’unité de temps utilisée dans le rapport est la seconde alors que toutes les opérations se passent à la microseconde près maintenant. Mais aucune trace n’existe à ce niveau de précision.

Parmi leurs recherches, Brad et Ronan s’intéressent aux “dark pools” (littéralement des “étangs noirs” en français). Ce sont des marchés financiers totalement opaques qui permettent aux acheteurs et aux vendeurs d’opérer secrètement, en conservant leurs intentions bien cachées. L’aspect étrange de ces dark pools est qu’il n’y a officiellement aucun conflit d’intérêt pour ceux qui les gèrent (des grosses banques en général comme Goldman Sachs et Merrill Lynch). Or presque toutes les opérations initiées à l’intérieur sont aussi finalement exécutées à l’intérieur et non pas à l’extérieur sur les marchés financiers transparents et classiques.

Chapitre 4 – Traquer le prédateur

Fin 2010, l’équipe de Brad met en place un outil appelé Thor pour se protéger contre ce nouveau prédateur des marchés, même s’ils ne comprennent pas encore complètement ce monstre. La question qu’ils se posent maintenant est la suivante: comment une poignée de personnes spécialisées dans le HFT peut légalement arriver à voler tous les autres investisseurs?

La réponse est apportée par le “Regulation National Market System”, plus connu sous le nom de “Reg NMS” instauré par la SEC en 2005 et mis en place en 2007. Ce système oblige les courtiers à offrir à leurs clients les meilleurs cours de marché qu’ils pouvaient trouver. Pour cela, tous les marchés financiers doivent constamment communiquer leurs cours à un autre système appelé le “Securities Information Processor (SIP)” en charge de calculer les meilleurs cours. Le SIP constitue donc l’image du marché financier américain visible par la majorité des investisseurs.

Le SIP est parfait en théorie et part d’une bonne intention pour réguler les marchés et empêcher les abus. Il a malheureusement un défaut majeur car il ne précise rien au niveau des normes de vitesse. Et c’est ce point précis qui a permis à une poignée d’initiés de jeter des coups d’oeil rapides aux marchés et d’opérer en fonction, en disposant d’un gigantesque avantage sur les autres.

L’histoire de Wall Street ressemble au final à une accumulation de scandales où chaque injustice apparait après qu’une faille dans la réglementation soit exploitée tout de suite après avoir essayé de corriger une autre injustice.

RBC devient alors le meilleur broker en proposant tout simplement un outil (Thor) qui tente de protéger les investisseurs contre le reste des requins de Wall Street. RBC affirme d’ailleurs qu’un nombre important d’employés du gouvernement ont quitté le job depuis 2007 pour justement rejoindre les entreprises de trading à haute fréquence. Plusieurs d’entre eux avaient joué des rôles majeurs pour réguler le trading à haute fréquence avant de quitter le gouvernement.

L’automatisation et l’informatisation des marchés financiers auraient dû rendre ces derniers plus efficaces et moins couteux en réduisant les intermédiaires. En fait, c’est l’effet inverse qui s’est produit avec un nouveau monstre au milieu qui se gorge d’argent grâce à la nouvelle réglementation.

Depuis le milieu des années 2000, la taille moyenne des trades sur les marchés américains a littéralement chuté, les marchés sont plus fragmentés et l’écart entre le public et les traders à haute fréquence s’est accru. Ces phénomènes se sont aussi accompagnés d’une forte hausse de la volatilité.

Le secteur bancaire devient de plus en plus pourri. Les plus grands cerveaux de la planète sont attirés par les grandes banques où ils apprennent les ficelles du métier. Ils partent ensuite dans de plus petites entreprises de trading à haute fréquence. Toutes ces entreprises se défendent d’engager ce genre de spécialistes. Et pourtant, en faisant des recherches rapides sur LinkedIn, il est facile de voir par où ces spécialistes sont passés au fil de leur carrière.

Chapitre 5 – Mettre un visage sur le HFT (trading à haute fréquence)

Les meilleurs programmeurs informatiques de Wall Street sont souvent russes. D’après Serge qui en fait partie et travaille pour Goldman Sachs, c’est dû au fait que les russes ont été forcé de programmer sans le luxe d’ordinateurs puissants. Tout doit donc être optimisé et ultra efficace.

Les salaires de ces employés d’exception spécialisés dans le trading à haute fréquence sont généralement gardés ultra secrets. Mais grâce à quelques procès, certains salaires sont devenus publiques comme les 75 millions de dollars versés en cash par Citadel à Misha Malyshev en 2008 ou les 20 millions de dollars garantis chaque année encore par Citadel à deux autres personnes pour quitter Knight et les rejoindre.

Des grosses boites comme Goldman commencent à voir beaucoup d’argent leur passer sous le nez. Les marchés sont devenus une guerre féroce entre robots et les leurs sont plutôt lents. À ce jeu de vitesse, le plus rapide remporte tout!

Serge pense que Goldman devrait complètement reprogrammer de zéro tout son système de trading à haute fréquence pour pouvoir continuer la partie, mais ses patrons ne sont pas intéressés. La stratégie à Goldman est ultra court terme: seuls les projets qui permettent de gagner de l’argent tout de suite voient le jour.

Au moment où la crise financière frappe, sans qu’il le sache, Serge est connu par les recruteurs comme étant le meilleur programmeur à Goldman. Les demandent affluent pour le débaucher. Il finit par accepter de créer une toute nouvelle plateforme de trading pour un nouveau hedge fund dirigé par Misha Malyshev, avec à la clé plus d’un million de dollars par an.

Serge part de chez Goldman en prenant une partie du code informatique avec lui. Peu de temps après, il se fait embarquer par le FBI et prendra huit années d’incarcération dans une prison fédérale.

Chapitre 6 – Comment faucher des milliards à Wall Street

Fin 2011, Brad finit par en avoir marre de la politique à RBC et démissionne pour monter sa boite et construire une nouvelle place boursière équitable et non truquée. Personne ne comprend vraiment pourquoi il veut jouer les Robin des Bois, plutôt que de profiter du système avec toutes ses connaissances et devenir encore plus riche.

Il lui faudra un an et demi pour constituer son équipe et lever les fonds dont il a besoin: plus de 25 millions de dollars. Il mise aussi toutes ses économies. L’équipe est composée de développeurs informatiques, d’ingénieurs systèmes et réseaux, de personnes aux opérations et de commerciaux pour tout expliquer à Wall Street. Et les meilleurs pour monter cette nouvelle plateforme, c’est tout simplement ceux qui savaient truquer le jeu. Le plus dur était de les persuader de rejoindre l’aventure. La nouvelle plateforme s’appelle IEX pour “Investors Exchange”.

Brad est bien conscient que les traders à haute fréquence s’en prennent aux investisseurs, et que les places boursières et les brokers sont payés pour les y aider. Dans les systèmes existants, les activités sont toutes mises en place pour fournir l’information avec peu de risques et le moins cher possible aux traders à haute fréquence afin de déterminer les intentions des autres investisseurs.

La première activité est d’anticiper ce qu’un investisseur est en train d’essayer de faire pour lui passer devant. La deuxième est de biaiser le mécanisme de ristourne entre le marché et le broker. La troisième est d’abuser des temps de réaction entre les différentes places boursières pour faire de l’arbitrage en achetant moins cher sur l’une et revendre plus cher sur l’autre.

Le travail de Brad et de son équipe est de trouver des solutions pour empêcher ces activités totalement déloyales. Le tout doit aussi être approuvé par les régulateurs de marchés. Pour être juste, c’est plutôt facile: interdiction d’être trop près de leurs serveurs; ne proposer aucune ristourne ou accès privilégié; et seulement offrir des types d’ordre simples: au marché, à seuil limité et mid-point peg (entre le cours d’achat et de vente).

La suite et fin au prochain épisode avec « Flash boys – Une révolte à Wall Street (3/3)« …

Chapitre 7 – Une armée d’un seul

Zoran Perkov, un autre spécialiste des technologies à Wall Street est confronté de près à la catastrophe du 11 septembre. Ce puissant événement lui fait réaliser que ce qui lui plait vraiment c’est de travailler dans des situations de crise. Pour ça, rien de mieux que d’opérer au sein d’une place boursière électronique. De fil en aiguille, il finit par atterrir au Nasdaq en 2006.

Il est devenu depuis un expert en complexité de gros systèmes, en apprenant parfois à ses dépends en faisant de grosses bêtises. Il a d’ailleurs casser plusieurs fois des marchés entiers sans faire exprès. Son travail consiste à satisfaire les plus gros clients du Nasdaq comme les traders à haute fréquence, tout en gardant les marchés stables et sûrs.

Malheureusement il est de plus en plus confronté aux conflits politiques en interne qui ne le passionnent absolument pas. Il aime de moins en moins son job et se fait viré en mars 2012. À cette période, plus grand monde n’a confiance aux marchés financiers à cause de la crise, des comportements erratiques de la bourse, des mini-krachs à répétition, etc.

Les systèmes informatiques se voient ajouter pansement sur pansement pour satisfaire les demandes toujours plus complexes des traders à haute fréquence. La plupart des systèmes commencent à s’effriter, leurs fondations ne sont plus solides du tout.

C’est pourtant à cet instant que Zoran rejoint l’équipe de Brad pour simplifier la complexité. Même si IEX est en quelque sorte un dark pool, il est vraiment différent des autres. Ses règles sont communiquées publiquement pour améliorer la transparence et diminuer la complexité.

Les autres marchés financiers n’apprécient pas IEX et ses pratiques car ils les mettent en danger. Les banques ne suivent pas IEX en masse non plus malgré les promesses. Brad et son équipe cherchent donc à investiguer comment ces banques gèrent les ordres de leurs clients pour mieux comprendre leur manque d’engouement pour faire transiter les transactions par IEX.

Il devient vite clair que les banques préfèrent opérer au sein de leur propre dark pool pour donner l’impression que tous les dark pools sont connectés entre eux pour favoriser le client final. Il n’en est rien! De cette manière, les banques donnent l’illusion que leur dark pool sont gros, puissants et efficaces… et surtout il leur permet d’encaisser les commissions des clients, plus des commissions des traders à haute fréquence qui accèdent à l’information privilégiée à l’intérieur.

Mais petit à petit, certaines banques réalisent que tout le système est corrompu et que tout peut exploser du jour au lendemain. IEX représente une option non négligeable avec un système transparent et équitable.

Chapitre 8 – L’araignée et la mouche

Le procès de Serge Aleynikov durent 10 jours en décembre 2010. Il est clair qu’il n’a pas volé le code de Goldman pour s’en servir dans un autre système. Mais pourquoi il l’a fait, personne ne comprend vraiment. Il devient aussi clair que Serge s’est certainement retrouvé pris au milieu d’une guerre politique chez Goldman Sachs. Il est donc acquitté.

Serge au final perd son mariage, sa maison, son boulot, ses économies et sa réputation. Et pourtant, il reste totalement serein. C’est un grand mystère pour tout le monde. Le 17 février 2012, il est enfin libéré… mais pas pour très longtemps. Quelques mois plus tard, il est de nouveau incarcéré.

Le procureur de Manhattan a trouvé de nouveaux crimes contre lui pour les mêmes actions liées au code informatique de Goldman. Goldman ne veut pas le punir de nouveau, mais seulement qu’il soit tenu pour responsable. Serge ne refera certainement pas de prison car il a déjà payer pour un crime qui n’en était pas un au final d’après le jury.

La vie de Serge semble complètement brisée. De nombreuses personnes vont en prison pour des raisons valides, d’autres parce qu’ils tombés dans les failles du système judiciaire ou parce qu’ils sont dans le collimateurs d’autres personnes plus puissantes.

Malgré ce nouveau rebondissement, Serge reste calme et philosophe: “Si la vie en prison ne te détruit pas, alors elle te change en profondeur et tu perds de nombreuses peurs. Tu commences à réaliser que la vie n’est pas dirigée par ton ego ou ton ambition, et qu’elle peut s’arrêter à tout moment. Alors pourquoi s’inquiéter?”

Épilogue – Suivre la piste de Wall Street

Le Club féminin d’aventure du comté central de Pennsylvanie est connait les travaux gigantesques initiés par les banques pour accélérer leurs opérations. Une ligne en fibre optique a été déployée en 2010. Les autorités locales leur avaient dit qu’il s’agissait d’un projet gouvernemental pour fournir un accès internet à haut débit aux universités locales. Elles étaient loin d’imaginer qu’il s’agissait en fait de faire gagner quelques millisecondes à une poignée de traders à haute fréquence. Comment une ligne privée a-t-elle pu obtenir un droit de passage sur une zone publique?

Les traders à haute fréquence sont comme les compteurs de cartes de blackjack au casino: ils ne jouent que s’ils ont un avantage. Et leur avantage, c’est de regarder rapidement les intentions des investisseurs à l’intérieur d’un dark pool pour agir plus vite qu’eux et profiter d’eux. À ce jeu-là, ils ont pu gagner de l’argent pendant cinq ans sans un seul jour de perte.

Quand les marchés vont biens, les banques et les traders HFT engrangent beaucoup d’argent. Quand tout va mal comme avec la crise de 2007-2008, les traders HFT annulent toutes leurs positions, disparaissent, et les banques restent avec les pertes. L’élite de la finance pouvait gagner beaucoup plus d’argent avec un système défectueux, plutôt qu’avec un système équitable qui fonctionnait bien.

Les chantiers titanesques impliquaient d’installer de la fibre optique un peu partout pour gagner plusieurs millisecondes. Que se passerait-t-il si la technologie micro-onde faisait des progrès et devenait encore plus intéressante que la fibre optique pour transporter de l’information?

Mon avis sur le livre

Points forts

  • Permet de découvrir des facettes des marchés financiers souvent obscures comme le trading à haute fréquence, les dark pools, le comportement de gros acteurs (les banques, les courtiers, etc.).
  • Le sujet est captivant et le livre facile à lire car sans jargon.
  • Aide à se questionner sur certains excès scandaleux des marchés financiers.
  • Fait réaliser qu’il est inutile d’aller opérer sur les marchés avec des échelles de temps très petites au risque d’être de front avec les traders à haute fréquence qui ont un avantage considérable.

Points faibles

  • De nombreux points ne sont pas clairs au final: IEX est-il un succès ou non? Les pratiques des traders HFT existent-elles encore? Les dark pools sont-ils toujours aussi gros et importants? Que font les autorités de régulation?
  • Les chapitres sont assez décousus, la chronologie n’est pas vraiment claire et le fil narrateur n’est pas toujours facile à suivre
  • On reste sur sa faim; l’auteur donne l’impression qu’il ne veut pas tout dévoiler pour ne pas prendre trop de risques

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5 réponses

  1. image Martin dit :

    Bonjour!

    Je vais me procurer ce livre c’est certain. Est-ce que tu sais si il y a une traduction française de disponible pour ce bouquin.

    Merci!

    Martin
    http://www.investir-a-la-bourse.com

    • image Ben de Bourse Ensemble dit :

      Salut Martin,

      C’est vraiment un excellent livre qui se lit très facilement car il est sous la forme d’un roman. Il n’y a malheureusement pas de traduction française disponible pour le moment. Le livre est tout récent puisqu’il est sorti il y a seulement un mois et demi.

      À ma connaissance, peu de livres de Michael Lewis ont été traduit en français et c’est bien regrettable!

      Ben

  2. image Foribex dit :

    Je crois que c’est de la folie de vouloir concurrencer les milliardaires, les physiciens quantiques, les matheux et tous les autres grosses têtes !
    Le mieux pour ne pas rentrer dans leur course folle est de trader simplement, en swing et avec l’analyse graphique.
    Si tu veux mettre un robot de scalping au point, tu rentres en concurrence directe avec eux !

    • image Ben de Bourse Ensemble dit :

      Salut Foribex,

      Je suis d’accord avec toi et n’ai absolument pas l’intention d’aller me frotter aux traders HFT! C’est Brad Katsuyama et son équipe qui sont allés chatouiller des puissants de ce monde et remuer un peu toute la m… 😉

      Au passage, les traders qui scalpent le font en général à l’échelle de la seconde ou de la minute. Dans le livre, on est à des niveaux encore beaucoup plus rapides où la partie algorithmique joue un rôle important et où la partie infrastructure a un rôle encore certainement plus important. Et sur ce second point, il est dur de lutter sans des millions (voire des milliards) d’investissements.

      Ben

  1. 27/05/2014

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